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Du prix d’achat au coût total de possession, puis au coût par traitement — le troisième volet de notre série sur le financement des équipements

Un laser à 100 000 € ne coûte pas forcément 100 000 € à l’usage — et le laser le moins cher n’est pas toujours le moins cher par traitement. Du prix d’achat au coût total de possession, puis au coût par traitement : le dernier volet de cette série.
Un laser coûte 100 000 €. Est-ce vraiment ce que l’appareil vous coûte ?
Dans les deux premiers articles de cette série, nous avons passé en revue les différentes façons d’acquérir un laser, puis la manière dont se construit un financement. Mais le prix d’achat ne dit pas ce que coûte réellement un appareil sur toute sa durée de vie.
Vous découvrez cette série ? Commencez par le volet 1 : acheter ou louer un laser et le volet 2 : comment se compose votre mensualité — certaines notions utilisées ici, comme la valeur résiduelle et la dernière échéance majorée, y sont expliquées.
Il faut aussi tenir compte du financement, de l’entretien, des éventuels consommables et de la valeur résiduelle. Et, tout aussi important : combien de traitements allez-vous réaliser avec l’appareil ?
Un laser à 100 000 € avec lequel vous réalisez 5 000 traitements n’a évidemment pas la même rentabilité que le même appareil utilisé pour 500 traitements.
Dans cet article, nous passons donc du prix d’achat au coût total, puis au coût par traitement.
Tous les montants et pourcentages de cet article sont des exemples fictifs et ne constituent pas des indications de prix pour des appareils ou services spécifiques de Medi-Invest.
Lorsqu’on compare des appareils, l’attention se porte souvent sur le prix d’achat. C’est compréhensible : c’est le montant le plus visible.
Sur le plan économique, pourtant, ce n’est qu’un élément parmi d’autres.
Une façon simple d’envisager le coût total :
Coût total = achat et financement + coûts d’utilisation + entretien et service − valeur résiduelle
Ces composantes peuvent varier fortement d’une technologie à l’autre. Un appareil plus cher peut par exemple avoir de faibles coûts d’utilisation, tandis qu’un appareil moins cher nécessite des consommables à chaque traitement.
Pris isolément, le prix d’achat en dit donc assez peu sur ce que coûte finalement un appareil par traitement.
Reprenons notre laser fictif à 100 000 €.
Si vous l’achetez sur fonds propres, vous investissez immédiatement 100 000 €. En cas de financement, s’y ajoutent des frais de financement, qui dépendent notamment du montant financé, de la durée, du taux et d’une éventuelle dernière échéance majorée.
Votre propre argent a lui aussi une valeur économique : 100 000 € immobilisés dans un appareil ne peuvent pas servir en même temps à autre chose.
En pratique, inutile de vous lancer dans des calculs financiers complexes pour évaluer la rentabilité. L’important est de comparer les différents appareils et modes d’acquisition de la même manière.
Un appareil professionnel à base d’énergie est conçu pour offrir des performances constantes sur une longue période. Un entretien périodique permet de maintenir le système en parfait état de fonctionnement et de garder les composants clés et la puissance délivrée conformes aux spécifications du fabricant.
Selon l’appareil, il peut s’agir par exemple de contrôles techniques, d’étalonnages, de vérifications logicielles et du remplacement préventif de pièces à durée de vie limitée.
Un bon entretien contribue ainsi à des performances constantes et à la préservation de la durée de vie utile et de la valeur de l’appareil.
Les besoins d’entretien varient selon la technologie. Pour une analyse de rentabilité solide, mieux vaut intégrer dès le départ les coûts d’entretien et de service prévisibles sur toute la période d’utilisation.
La disponibilité a elle aussi une valeur économique. Plus un appareil est utilisé intensivement, plus un bon support technique et un service rapide deviennent importants en cas de besoin.
Certains appareils n’entraînent pratiquement aucun coût de consommables par traitement. D’autres technologies utilisent des embouts, des cartouches ou d’autres pièces à remplacer régulièrement.
C’est surtout avec un volume de traitements élevé que ces coûts pèsent lourd.
Supposons, uniquement à titre d’exemple, qu’un consommable coûte 25 € par traitement. À raison de 1 000 traitements par an, cela représente 25 000 € par an et 125 000 € sur cinq ans.
C’est plus que le prix d’achat fictif de 100 000 € de notre exemple.
Un appareil à consommables n’est pas pour autant cher ou inintéressant. Le traitement concerné peut par exemple être facturé plus cher ou dégager une meilleure marge.
Cet exemple montre surtout pourquoi on ne peut pas comparer des appareils sur leur seul prix d’achat.
Après cinq ans, un appareil vaut rarement 0 €.
Sa valeur résiduelle dépend notamment de la marque et du modèle, de son âge, de son état, de son historique d’entretien, des évolutions technologiques et de la demande sur le marché de l’occasion.
Supposons que notre laser fictif à 100 000 € vaille encore 25 000 € après cinq ans. Schématiquement, cela donne :
100 000 € de prix d’achat − 25 000 € de valeur résiduelle = 75 000 € de perte de valeur.
S’y ajoutent ensuite les frais de financement, l’entretien et les éventuels coûts d’utilisation.
C’est aussi pour cela qu’un laser entièrement payé n’est pas « gratuit ». S’il vaut encore 25 000 €, cette valeur reste présente dans votre entreprise. Vous pouvez continuer à utiliser l’appareil, mais aussi, le cas échéant, mobiliser cette valeur pour votre prochain investissement.
Le coût économique devient vraiment parlant lorsqu’on le rapporte au nombre de traitements.
Prenons l’exemple entièrement fictif suivant :
| Poste de coût | Montant |
|---|---|
| Prix d’achat | 100 000 € |
| Frais de financement | 15 000 € |
| Entretien et service | 15 000 € |
| Valeur résiduelle estimée | − 25 000 € |
| Coûts fixes nets de l’appareil | 105 000 € |
Ces montants servent uniquement à illustrer le calcul.
Supposons que l’appareil n’utilise pas de consommables significatifs.
À raison de 500 traitements par an, vous réalisez 2 500 traitements en cinq ans :
105 000 € / 2 500 = 42 € de coûts fixes d’appareil par traitement.
À raison de 1 000 traitements par an, cela fait 5 000 traitements :
105 000 € / 5 000 = 21 € par traitement.
L’appareil n’est pas devenu moins cher. Vous répartissez simplement les mêmes coûts fixes sur davantage de traitements.
C’est ce qui fait du taux d’utilisation — l’usage que vous faites réellement de l’appareil — l’un des principaux facteurs de rentabilité.
Si l’appareil utilise des consommables, ajoutez ensuite ces coûts variables au coût de chaque traitement.
Conséquence importante : le laser au prix d’achat le plus bas n’est pas forcément celui dont le coût par traitement est le plus faible.
Prenons deux appareils entièrement fictifs :
| Laser A | Laser B | |
|---|---|---|
| Prix d’achat | 80 000 € | 110 000 € |
| Coûts fixes nets sur la période d’utilisation | 90 000 € | 120 000 € |
| Nombre de traitements prévu | 2 000 | 4 000 |
| Coûts fixes de l’appareil par traitement | 45 € | 30 € |
Le laser B coûte 30 000 € de plus à l’achat, mais il est ici utilisé beaucoup plus intensivement. Ses coûts fixes par traitement sont donc, au contraire, plus faibles.
Un tel écart peut s’expliquer, par exemple, par le fait qu’un appareil permet de traiter davantage d’indications, s’utilise plus efficacement ou correspond mieux aux traitements demandés dans votre clinique.
Cela dit, 30 € de coûts d’appareil pour un traitement facturé 300 € ne signifient évidemment pas 270 € de bénéfice. Il faut aussi couvrir, entre autres, la rémunération du praticien, les locaux, le marketing, le matériel et les frais administratifs.
Au bout du compte, trois questions se posent :
Combien de traitements vais-je réaliser ? Combien me coûte chaque traitement ? Quel chiffre d’affaires et quelle marge m’apporte-t-il ?
C’est un point de départ bien plus utile pour une décision d’investissement que le seul prix d’achat.
Rien n’oblige à utiliser un appareil pendant cinq ans simplement parce que son financement court sur cinq ans.
Si un laser fonctionne encore bien après cinq ans, est suffisamment utilisé et correspond toujours à votre activité, continuer à l’utiliser peut être tout à fait rentable.
L’inverse est également possible. Après trois ou quatre ans, une nouvelle génération peut vous permettre de traiter davantage d’indications, de travailler plus efficacement ou de proposer des traitements plus demandés.
Dans ce cas, il ne s’agit pas de raisonner ainsi : « Mon laser actuel est payé et le nouveau coûte 100 000 €. »
Vous mettez plutôt en balance deux options : continuer avec l’appareil actuel, ou mobiliser sa valeur résiduelle pour un nouvel investissement potentiellement plus rentable.
C’est pourquoi la valeur résiduelle et les possibilités de reprise peuvent compter dès l’achat initial.
Le prix d’achat est important, mais il ne dit pas tout.
La valeur économique dépend aussi du nombre de traitements réalisés avec l’appareil, du coût de chaque traitement et de la valeur que l’appareil conservera par la suite.
Un laser à 100 000 € peut ainsi être plus intéressant économiquement qu’un appareil à 80 000 € — et inversement.
La bonne question n’est donc pas seulement « Combien coûte ce laser ? », mais « Combien me coûte ce laser par traitement, et combien ce traitement peut-il me rapporter ? »
Questions fréquentes
Additionnez tous les coûts liés à l’appareil sur la période d’utilisation prévue, déduisez-en la valeur résiduelle estimée et divisez le résultat par le nombre de traitements prévu. Ajoutez ensuite le coût des éventuels consommables, par traitement.
Non. La rentabilité globale dépend aussi du prix d’achat, du volume de traitements, de l’entretien, de la polyvalence de l’appareil, du prix des traitements et de la valeur résiduelle.
Cela dépend des coûts de l’appareil, du prix des traitements, des autres coûts liés aux traitements et de la marge souhaitée. Pour un appareil donné, mieux vaut calculer un seuil de rentabilité que se fier à un nombre minimum de traitements valable pour tous.
Non. Un appareil entièrement payé entraîne encore des coûts d’entretien et d’utilisation, et peut en outre représenter une valeur résiduelle que vous pourriez mobiliser pour un nouvel investissement.
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